Rivages contemplés

Anna de Noailles

Les Vivants et les Morts — 1913

Rivages contemplés au travers de l’amour, Horizon familier comme une salle ronde, Où nos yeux enivrés s’interrogeaient toujours, Dans quel sensible atlas, sur quelle mappemonde Reverrai-je vos soirs précis et colorés, Les suaves chemins où nos pas ont erré, Et que nos cœurs, emplis d’ardeur triste et profonde, Avaient rendus plus beaux que la beauté du monde ?