Vos yeux ont honoré d’une celeste veuë
Agrippa d’Aubigné
Le Printemps
Vos yeux ont honoré d’une celeste veuë
Mon labeur guerdonné des peines de vos yeux,
Vous avez coloré d’un clin d’œil gracieux
Mon papier blemissant du jour de vostre nuë.
Le laboureux trainant le soc de la charrue,
Importuné des ventz & d’un temps pluvieux
Est ainsi soulagé, quand le soleil des cieux
Luy rayonne le chef, saillant à l’impourveuë.
J’ay plus vostre renom que mes peines chanté,
Et quoyque repoussé, affligé, maltraicté,
Si est-ce que pourtant mon stile ne se change.
Ne mesprisez les vers qui vous ont en tel prix,
Et lisez de bon cœur mes cris & mes escripts,
Et vous lirez mes maux avec vostre louange.