Non, ce ne sont point deux couraux
Agrippa d’Aubigné
Le Printemps
Non, ce ne sont point deux couraux.
Œillets cramoisis, ny encore
Une bouche : ce que j’adore
Merite bien des noms plus hautz,
C'est Iris treve de mes maux.
L’arc que le Ciel nous recolore
Fait la paix, celuy que j’honore
Fend l'orage de mes travaux.
Sois propice à mes vœuz ; ma veue
Ne sois de ton arc despourveuë,
Des Dieux la messagere & fille
Par qui le nuage est chassé,
Quand l’humeur de mes yeux distille
Du ciel de son front courroucé.