Celle là qui abecha

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

Celle là qui abecha De froid venin son enfance Et longtemps d’autre substance Ne cogneut & ne macha Mourut lors qu’elle tascha De prendre la cognoissance Du doux, & par l’inconstance Doucement la mort cercha. Ainsi moy qui jusqu’icy N’ay gouste que le soucy, L’amer, les pleurs & la braise, Si je n’empruntoy’ un cœur Qui eust esté nourri d’aise, Je mourroy’ de la douçeur.