Pour la rose-thé

Renée de Brimont

Mirages — 1919

Or, dans le cristal qui vous possède, Rose, dans l’intimité des pénombres décloses, vous m’apparaissez, Princesse de langueur ; votre lourd front las porte le poids d’un rêve… Rose, dans la chambre aux pénombres moroses vous vous souvenez, Rose-thé, nouvelle Ève, du jardin perdu que troublait votre cœur, de ce paradis embaumé de corolles… Et je n’ai pour vous, Rose, que mes paroles. Rêvez… Penchez-vous… Ne suis-je votre sœur ? N’ai-je aussi vécu la minute fatale où le paradis échappe à l’Ève folle ? Mais je vois, je vois s’effeuiller vos pétales… Rêvez… Penchez-vous… Donnez-moi votre cœur, Rose, Rose-thé, Princesse de langueur !