C’est une loi: Veuillot existe, ce maroufle

Victor Hugo

Toute la lyre

C’est une loi : Veuillot existe, ce maroufle ; Planche est réel, Barbet respire, Nisard souffle ; Rolle vit ; Fréron mord Voltaire, on ne sait qui Pique Milton ; Cecco, qu’on nomme aussi Cecchi, Met sur Dante indigné sa patte familière ; Green rampe sur Shakspeare et Visé sur Molière ; Les grands hommes qu’au fond de l’azur nous voyons Passer sous leur couronne immense de rayons, Splendides, par la mort faits plus vivants encore, À jamais envolés dans la superbe aurore Et pour l’éternité de la gloire partis, Sont rongés et couverts d’infiniment petits ; Donc l’éblouissement n’exclut pas la vermine ; La gloire a son insecte et l’acarus la mine ; L’Océan sent la pieuvre errer dans son flot bleu ; Zoïle est sur Homère et Satan est sur Dieu ; Le sublime n’est pas dispensé de l’immonde ; Et je ne serais pas surpris le moins du monde Quand un ange viendrait nous révéler à tous Que dans le ciel profond les astres ont des poux.