Le passé

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Je vis, mais jamais je n’oublie Les brûlants instants du passé ; Cette immense mélancolie Quand donc voudra-t-elle cesser ? — Puissé-je perdre la mémoire De ces jours violents, bénis. Où, contente, je pouvais croire Que mon sort s’était aplani. Je meurs de ces tendres histoires… C’est si long ce qui est fini !