Toujours l’esprit avance et l’art se renouvelle
Victor Hugo
Toute la lyre
Toujours l’esprit avance et l’art se renouvelle.
Pour refaire sans cesse avec de la clarté
Une dot de chefs-d’œuvre à l’homme épouvanté,
Les grands hommes sont là comme de grands prodigues.
Nous avons beau forger des lois, creuser des digues,
Le génie engloutit tout ce que nous faisons
Sous un splendide amas d’immenses floraisons.
Rien n’arrête le pas du genre humain ; il marche ;
II fait Rome après Thèbe et le dôme après l’arche ;
Il fait le Colisée après le Parthénon.
Homère meurt, laissant comme un astre son nom,
Eschyle suit ; la France éclôt quand Rome expire ;
Puis Rabelais surgit, Cervantes naît, Shakspeare
Luit, et ces hommes sont comme des océans.
Le colosse qui vient fait peur aux vieux géants ;
Dante épouvante Amos ; Michel-Ange intimide,
Rien qu’en dressant le front, la grande Pyramide,
Et, de l’Apollon grec au Sphinx égyptien,
Fait devant l’art nouveau frissonner l’art ancien.