Le matin, les vapeurs, en blanches mousselines

Victor Hugo

Toute la lyre

Le matin, les vapeurs, en blanches mousselines, Montent en même temps, à travers les grands bois, De tous les ravins noirs, de toutes les collines, De tous les sommets à la fois ! Un jour douteux ternit l’horizon ; l’aube est pâle ; Le ciel voilé n’a plus l’azur que nous aimons, Tant une brume épaisse à longs flocons s’exhale Du flanc ruisselant des vieux monts. On croit les voir bondir comme au temps du prophète, Et l’on se dit, de crainte et de stupeur saisi : — Ô chevaux monstrueux ! quelle course ont-ils faite, Que leurs croupes fument ainsi ?