Espérance

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Soir moite et printanier qui fait que l’on espère… — Espérer ! Vœu d’un vague et secret changement, Immensité du cœur, qui pathétiquement S’allonge comme un fleuve imprudent et prospère. Espérer ! N’est-ce pas le plus intime accord Avec la Destinée active et sensuelle ? — Ô grand emportement du cri des hirondelles Vous étirez en moi vos déchirants transports ! — Espérance, êtes-vous la nomade éternelle, Et ce demi-désir rêveur d’être infidèle À celui que l’on aime encor ?…