La Ronce

Marceline Desbordes-Valmore

Bouquets et prières — 1843

I Seek no sympathy. Nor relief… Pour me plaindre ou m’aimer je ne cherche personne ; J’ai planté l’arbre amer dont la sève empoisonne. Je savais, je devais savoir quel fruit affreux Naît d’une ronce aride au piquant douloureux : Je saigne. Je me tais. Je regarde sans larmes Des yeux pour qui mes pleurs auraient de si doux charmes : Dans le fond de mon cœur je renferme mon sort, Et mon étonnement, et mes cris, et ma mort. Oui ! je veux bien mourir d’une flèche honteuse ; Mais sauvez-moi, mon Dieu ! de la pitié menteuse. Oh ! la pitié qui ment, oh ! les perfides bras, Valent moins qu’une tombe à l’abri des ingrats.