Si ta voix m’avait dit: Demeure

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Si ta voix m’avait dit : Demeure Parmi les choses d’ici-bas, Peut-être ne croirais-je pas Qu’il faut qu’on meure ! Mais tu t’en fus à pas de loup, Et muet, sous la morne terre. Peut-être es-tu, dans ce mystère, Encor jaloux ? Pourtant, tu désapprends l’envie Dans le néant sans nul souhait. Mais ta mort habite ma vie, Et c’est ma détresse et ma paix De croire qu’en ton cœur de cire Tu me désires.