J’aspire à m’enfouir sous les arbres. Je suis

Victor Hugo

Toute la lyre

J’aspire à m’enfouir sous les arbres. Je suis Comme ces animaux sauvages que des hommes Ont pris, saisis, traînés dans la ville où nous sommes, Et qui, dans une cage enfermés tristement, Voyant la face humaine avec étonnement, Font tous les mouvements d’un serpent qui se sauve, À travers les barreaux passent leur museau fauve, Et sombres, effarés, pensifs, cherchent à voir Quelque taillis épais, quelque buisson bien noir, Un trou profond caché dans un fouillis champêtre, Où tout à coup dans l’ombre ils puissent disparaître !