Un triste orgue de Barbarie

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

Un triste orgue de Barbarie Enfonce dans l’air du matin, Comme à coups de couteau qui crie, Un vulgaire, un pointu refrain, Et même cela, cela même, Ce triste chant malade et maigre, Dans la rue où souffle un vent aigre, Me fait songer au bleu foyer De ton regard droit et noyé, Et m’indique combien je t’aime !