La Chanson de l’amant

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

Je t’ensevelis pour jamais, Idole si mièvre et si fausse : Dans l’oubli j’ai creusé la fosse Oblongue et froide où je te mets. Ne crois pas que sur mes sommets Jusqu’à moi ton spectre se hausse ! Je t’ensevelis pour jamais, Idole si mièvre et si fausse. Je suis tout seul au monde, mais Contre moi-même je m’adosse, Et l’ascétisme que j’endosse Me revêtira désormais : Je t’ensevelis pour jamais.