La femme, durée infinie

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

La femme, durée infinie, Rêveuse d’éternels matins, Dans la puissance de l’instinct Veut créer. Mais cette agonie Plus tard, un jour, de son enfant, Cette peur, ces sueurs, ces transes, Ce mourant que rien ne défend, En garde-t-elle l’ignorance ? Et toute mère, sans remords, Triomphante et pourtant funèbre, Voue une âme aux longues ténèbres, Et met au monde un homme mort…