J’ai puissamment goûté l’orgueil

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

J’ai puissamment goûté l’orgueil D’avoir reçu de la nature L’éclat bondissant d’un bel œil, Archer double de la figure ; J’ai souvent, devant des miroirs, Ressenti la force contente De m’arrêter, d’apercevoir Une héroïne palpitante ; Mais combien faible est la valeur D’un visage pur et vainqueur, Alors que je t’offre un tel cœur !