Rondeau du printemps

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

Des pêchers roses, tous en chœur Embaument les vignes désertes ; Le battoir fait son bruit claqueur Au bord des mares découvertes, Et la nuit perd de sa longueur. Le vent qui n’a plus de rigueur Éparpille en souffles alertes La contagieuse langueur Des pêchers roses. L’Amour sourit, tendre et moqueur, Car bientôt, dans les herbes vertes, Œil mi-clos, lèvres entr’ouvertes, Plus d’une aux bras de son vainqueur Va commettre de tout son cœur Des péchés roses.