Lèvres pâmées

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

Les lèvres des femmes pâmées Ont des sourires qui font peur Dans la convulsive torpeur Qui les tient à demi fermées. Quand leurs plaintes inanimées S’exhalent comme une vapeur, Les lèvres des femmes pâmées Ont des sourires qui font peur. Le désir qui les a humées Recule devant leur stupeur, Et le mystère enveloppeur Clôt dans ses gazes parfumées Les lèvres des femmes pâmées.