Qu’es-tu, pèlerin ? — Je me nomme

Victor Hugo

Toute la lyre

— Qu’es-tu, pèlerin ? — Je me nomme Celui qui pleure. — En vérité, Viens avec nous. — Je suis un homme Par une main d’ombre arrêté. — Viens ! — Non. — Les ans t’ont fait débile. Pourquoi, l’œil ouvert à demi, Restes-tu dans l’ombre, immobile ? — Une pierre me tient, ami. — Ton âme de nuit est vêtue. Seul, debout, n’as-tu pas l’effroi D’un lent changement en statue ? — La terre sombre monte en moi. — Que fais-tu là ? Viens. Le soir tombe, Le vent souffle en tes cheveux gris. — J’attends que se rouvre une tombe Où le bas de ma robe est pris.