La Mort du moine

Émile Nelligan

Émile Nelligan et son œuvre — 1903

Voici venir les tristes frères Vers la cellule où tu te meurs. Ton esprit est plein de clameurs Et de musiques funéraires. Apportez-lui le Viatique. Saint Bénédict, aidez sa mort ! Bien que faible, faites-le fort Sous votre sainte égide antique. Ainsi soit-il au cœur de Dieu ! Clément, dis un riant adieu Aux liens impurs de cette terre. Et pars, rentre dans ton Espoir. Que les bronzes du monastère Sonnent ton âme au ciel ce soir !