Médor

Marceline Desbordes-Valmore

Élégies, Marie et romances — 1819

Aimable chien, fidèle et bon Médor, Tu restes seul à ta jeune maîtresse ! On m’abandonne… et toi, tu veux encor Me consoler par ta tendresse. Cruel amant ! sans regret tu me fuis ! Tu m’as laissée à ma douleur mortelle. Ingrat ! ton chien ne m’avait rien promis, Pourtant, il me reste fidèle. Je le reçus pour gage de ta foi, Le garderai pour sa reconnaissance. Hélas ! s’il est moins éloquent que toi, Il a du moins plus de constance !