J’aurais pu ne jamais connaître

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

J’aurais pu ne jamais connaître Le dur besoin de ne plus être. Mais puisque à jamais tu te tais, Puisque se sont défaits tes yeux, Je songe d’un cœur radieux Au néant qui m’épouvantait. — Car ma peur de mourir, c’était L’angoisse de te dire adieu…