Homme, pourquoi nier ce que tu ne vois point ?

Victor Hugo

Toute la lyre

Homme, pourquoi nier ce que tu ne vois point ? En deux égales parts, qu’un sort commun rejoint, L’invisible au visible est mêlé dans un être Qu’appesantit l’argile et que l’esprit pénètre ; Cet être, composé de l’une et l’autre loi, Mange et pense ; et veux-tu le voir, regarde-toi. Homme, tu ne vois pas le céleste ; et c’est triste ; Il se voile à tes yeux de chair ; mais il existe. Cet univers, abîme autant qu’ascension, Ce monde au double aspect, cette création Dont la moitié splendide échappe à ta prunelle, N’a pas, étant la sphère une, vraie, éternelle, Le côté du démon sans le côté de Dieu ; Le singe prouve l’ange, et l’homme est le milieu.