Plus je vis, ô mon Dieu…

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Plus je vis, ô mon Dieu, moins je peux exprimer La force de mon cœur, l’infinité d’aimer, Ce languissant ou bien ce bondissant orage ; Je suis comme l’étable où entrent les rois Mages Tenant entre leurs mains leurs cadeaux parfumés. — Je suis cette humble porte ouverte sur le monde, La nuit, l’air, les parfums et l’étoile m’inondent…