Les Mouches

Émile Verhaeren

Les Plaines — 1911

Le caillou luit et brûle et la mare bouillonne. Au détour d’un sentier zigzagant et vermeil, Sur des bigarreaux d’or broyés dans le soleil Bataille et tourbillonne Un flot sonore et fou de mouches tatillonnes. On n’entend que le bruit uniformément sourd De leur vol ronronnant sous le silence lourd. Ailes, vous scintillez dans la clarté plénière, Si fort que tout l’essaim de soie et de velours Semble griller dans la lumière.