Prédestination

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Ce qui fut à jamais existe, Je songe au cœur qui m’a tant nui, Son amour était comme un triste Violoncelle dans la nuit. Il languissait, j’étais vivante ; La tristesse et la volonté Sont vos deux royales servantes, Ô langoureuse volupté ! — En quels siècles, chez quels ancêtres. Dans quelle ombre, sous quels rayons, Ont-elles commencé de naître Ces invincibles unions ? Nul ne dispose de ses rêves A travers l’immense parcours Que fait parmi l’humaine sève Le savant instinct de l’amour…