Au nom de ce qui vit, paix à ce qui n’est plus !

Victor Hugo

Toute la lyre

Au nom de ce qui vit, paix à ce qui n’est plus ! Paix aux vieux codes morts ! aux siècles vermoulus ! Paix aux religions, quelle que soit l’église ! Paix à ce qui s’en va, que le fantôme lise Dans les missels latins ou les Talmuds hébreux ! Paix au passé ! pitié pour le soir ténébreux ! Morne, il hait l’avenir qu’il ne doit pas atteindre. Laissez ce qui s’éteint tranquillement s’éteindre, Et ne regardez pas de ce côté. Plus d’air, Plus de soleil, hélas ! le couchant triste et clair Sur tout le fond du ciel tendu comme un suaire, Jette dans la masure un reflet mortuaire, Dessine en noir, au bord du blême soupirail, La toile d’araignée encadrée au vitrail, Et fait lugubrement trembler dans les charpentes Des haillons de houx sombre et de ronces grimpantes ; Le crépuscule passe entre les lourds piliers, Et blanchit vaguement des dessous d’escaliers ; Dans l’ombre un rouet file ; à des lueurs de lampe Éclairant quelque étrange et tortueuse rampe, Sous des enfoncements de portes, des vieillards Rêvent, ayant leurs ans autour d’eux en brouillards.