Combattu des vents & des flots

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

Combattu des vents & des flots, Voyant tous les jours ma mort preste Et abayé d’une tempeste D’ennemis, d’aguets, de complots, Me resveillant à tous propos, Mes pistolles dessoubs ma teste, L’amour me fait faire le poete, Et les vers cerchent le repos. Pardonne moy, chere Maistresse, Si mes vers sentent la destresse, Le soldat, la peine & l’esmoy : Car depuis qu’en aimant je souffre, Il faut qu’ils sentent comme moy La poudre, la mesche, & le souffre.