Diane, en adorant tant de divinitez
Agrippa d’Aubigné
Le Printemps
Diane, en adorant tant de divinitez
Dont le rond monstre en toy la parfaicte figure,
Je recherche la cause au malheur que j’endure
Dessus ton naturel, & tes proprietez :
Tu es l’astre du froid & des humiditez
Et les eaux de la mer te suivent de nature,
De là sort ton desdain, ta glace, ta froidure,
Et les flotz de mes pleurs suivent tes volontez
Dont je suis esbahi, qui fait que ceste flamme
Qui n’a autre vigueur que des feux de mon ame
N’a peu estre amortie au milieu de tant d’eaux :
Noye, gresle, Deesse, une braise mortelle,
Ou je blaphameray frenetiq’ de mes maux,
T’appellant en courroux trop foible, trop cruelle.