Explication

Paul Verlaine

Parallèlement — 1889

Le bonheur de saigner sur le cœur d'un ami, Le besoin de pleurer bien longtemps sur son sein, Le désir de parler à lui, bas à demi, Le rêve de rester ensemble sans dessein ! Le malheur d'avoir tant de belles ennemies, La satiété d'être une machine obscène, L'horreur des cris impurs de toutes ces lamies. Le cauchemar d'une incessante mise en scène ! Mourir pour sa Patrie ou pour son Dieu, gaîment, Ou pour l'autre, en ses bras, et baisant chastement La main qui ne trahit, la bouche qui ne menti Vivre loin des devoirs et des saintes tourmentes Pour les seins clairs et pour les yeux luisant d'amantes, Et pour le... reste ! vers telles morts infamantes !