La bonne coupe

Renée Vivien

Haillons — 1910

Je souhaite âprement la coupe de ciguë Car l’amour est en moi comme une fièvre aiguë… Je veux terriblement le breuvage final Qui seul guérit, qui seul peut endormir le mal. J’ai traîné cette vie incertaine et mauvaise Car mon âme est en moi, en éternel malaise… Je sens grandir toujours l’effroi des lendemains ! Qui donc m’apportera la ciguë dans ses mains ?…