xv . Du haut de la dernière côte

Francis Jammes

Poèmes mesurés — 1908

Du haut de la dernière côte, le piéton qui a noué son paquet au bout de son bâton voit surgir les toits du village, tout à coup, qui gondolent ainsi que des feuilles de houx. Voici le tournant où l’on dansait le Dimanche, et, plus bas, cachée dans l’épaisseur de ces branches, la petite flaque où l’on pêchait les goujons. Le pauvre père est mort, mais le bouquet de joncs est toujours là. Que le brin d’herbe qui survit à trente années d’absence a l’air d’une ironie !