Rêverie
Élisa Mercœur
Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843
Une heure vaut un siècle alors qu’elle est passée.
Qu’importe qu’en un jour on dépense une vie,
Si l’on doit en aimant épuiser tout son cœur,
Et doucement penché sur la coupe remplie,
Si l’on doit y goûter le nectar du bonheur.
Est-il besoin toujours qu’on achève l’année ?
Le souffle d’aujourd’hui flétrit la fleur d’hier ;
Je ne veux pas de rose inodore et fanée ;
C’est assez d’un printemps, je ne veux pas d’hiver.
Une heure vaut un siècle alors qu’elle est passée ;
Mais l’ombre n’est jamais une sœur du matin.
Je veux me reposer avant d’être lassée ;
Je ne veux qu’essayer quelques pas du chemin.