Nous ne sommes jamais tout éloignés

Anna de Noailles

Derniers vers (Anna de Noailles) — 1933

Nous ne sommes jamais tout éloignés : la ville, Où se meut le souci auprès des vanités, Aborde et se défait près du terrain tranquille Où tu dors englouti dans la basse cité. Je ne vais pas te voir, ma douleur souveraine Ne saurait t’aborder sans partager ton toit. Ton logis est glacé, ta rue est souterraine, Le néant que j’anime est étendu sur toi. J’ai dit que je t’aimais, gaîment, chaque journée, J’ai vanté cet accord. Ô Mort tout exultant, qu’a fait la destinée Des rêves de ton corps ?