vii . Les sapins de l’été

Francis Jammes

Poèmes mesurés — 1908

Les sapins de l’Été bavent des mousses grises et sont couleur des nuits que la lune tamise. Ceux qui sont loin, aux flancs des gouffres, on les voit si petits, en semis si nombreux, que l’effroi vous gagne que vers eux le vent ne vous emporte. Cinq vautours tournent. L’on s’assied devant la porte d’une hutte noircie et qui sent le suint. Un lac est noir comme une glace sans étain. Je les ai vus jadis par l’automne qui sombre, ces sapins : dans la neige ils étaient des trous d’ombre.