Promeneuse

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Tu marchais sous le ciel nocturne, À l’heure où perlent les grillons, Près d’un compagnon taciturne ; Tu parlais à ce compagnon. On sentait que son lourd silence S’emparait amoureusement De ta plaintive violence Qui montait vers le firmament. Disais-tu à l’homme qui t’aime Tes regrets, tes vœux, ton ennui ? — Âme solitaire quand même, Tu te racontais à la nuit !