Un peu de mer tenait le grand Dulichien

Joachim du Bellay

Les Regrets — 1558

Un peu de mer tenait le grand Dulichien D'Itaque séparé, l'Apennin porte-nue Et les monts de Savoie à la tête chenue Me tiennent loin de France au bord ausonien. Fertile est mon séjour, stérile était le sien, Je ne suis des plus fins, sa finesse est connue : Les siens gardant son bien attendaient sa venue, Mais nul en m'attendant ne me garde le mien. Pallas sa guide était, je vais à l'aventure, Il fut dur au travail, moi tendre de nature : À la fin il ancra son navire à son port, Je ne suis assuré de retourner en France : Il fit de ses haineux une belle vengeance, Pour me venger des miens je ne suis assez fort.