Tremblant d’une fiebvre bourrelle

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

Tremblant d’une fiebvre bourrelle Je passoy’ la glace en froideur, Puis une fournaise d’ardeur Brusloit mon sang & ma moëlle. L’amour premièrement me gelle, M’oste l’espérance de peur, Puis sa violente chaleur D’espoir m’eschauffe la cervelle. Je me pleignoy’ amerement Des longueurs qui si longuement Faisoyent me desplaire ma vie : L’amour & mon mal’heur fatal De ma fiebvre quarte guerie Me firent entrer en chaud mal.