Nuit (Toute la nature vivante)

Victor Hugo

Toute la lyre

Toute la nature vivante Travaille, à l’heure où le jour fuit, Sous je ne sais quelle épouvante Qui tombe des astres la nuit. Livrée aux mystères sans nombre, Morne, elle voit en frémissant S’ouvrir sur elle dans cette ombre L’oeil de l’Inconnu tout-puissant. Oh ! quel effroi ! se reconnaître, Sans durée et sans liberté, À la discrétion de l’être Qui se meut dans l’éternité ! Noire énigme où tout se rassemble Pour cacher le but et le mot ! On sent en bas quelqu’un qui tremble ; On sent quelqu’un qui rêve en haut.