La Feuille flétrie

Élisa Mercœur

Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843

Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie ? J’aimais ton doux aspect dans ce triste vallon. Un printemps, un été, furent toute ta vie ; Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon. Pauvre feuille ! il n’est plus le temps où ta verdure Ombrageait le rameau dépouillé maintenant. Si fraîche au mois de mai ! faut-il que la froidure Te laisse à peine encore un incertain moment ! L’hiver, saison des nuits, s’avance et décolore Ce qui servait d’asile aux habitans des cieux ; Tu meurs, un vent du soir vient t’embrasser encore, Mais ses baisers glacés pour toi sont des adieux.