Reproche

Anna de Noailles

Derniers vers (Anna de Noailles) — 1933

Qu’importe que dans l’ombre existent Ces beaux astres brillants et tristes Dont les feux ne connaîtront rien De leur empire aérien ! Mais que mon regard les assiste, Que mon rêve, ample et soucieux, Veuille parer mon corps qui passe Des vastes bijoux de l’espace ; Que mon œil, habitant des cieux, Erre sur cette piste immense Où rien ne cesse, ne commence, Alors que la chair et l’esprit Vont par la mort être surpris Et quitter leur fière démence, Ô Monde insensible et distrait, Pour qui rien n’est utile ou vrai, Dans la nuit respirante et fraîche Voilà l’injurieuse flèche !