Solitude nocturne

Renée Vivien

Haillons — 1910

Ô l’horreur d’être seule au profond de la nuit Dans l’effroi du futur et de l’instant qui fuit ! Instant au front hagard ! Présence de la Nuit ! Voici que se réveille en mon cœur la rancœur La rancœur endormie au profond de mon cœur ! Je ne puis étouffer cette ancienne rancœur. Et j’écoute le bruit monotone des flots En y mêlant le bruit d’intérieurs sanglots. La douleur de jadis pleure comme les flots.