Sombres aboyeurs des ténèbres

Victor Hugo

Toute la lyre

Sombres aboyeurs des ténèbres, Abîmes, que me voulez-vous ? Que demandez-vous, nuits funèbres ? Pourquoi soufflez-vous, vents jaloux ? Pourquoi, mêlant brumes, nuées, Tourbillons, flots pleins de huées, Multiplier autour de moi, Devant mes prunelles obscures, Dans toutes ces vagues figures Les attitudes de l’effroi ? Je suis une âme ; ombres farouches, Je vous échappe ; mon flambeau Ne peut être éteint par vos bouches, Gouffres de l’énorme tombeau ! Je ne vous dois rien que ma cendre, Que ma chair qui doit redescendre, Vaine argile qui dure peu, Poussière, d’où l’esprit s’élance. Je vous la donnerai. Silence.! Et laissez-moi songer à Dieu.