En expirant j’entraînerai

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

En expirant j’entraînerai L’univers dans ma tombe ouverte : Ce corps où l’infini souffrait, Où florissait la terre verte, Aura le poids du monde inerte. Et les astres verront d’en haut, — Quelque étroit que soit chez les hommes Le lieu où rêveront mes os Dans le sol du funèbre somme, — L’immensité de mon tombeau !