Je ne sçay s’il te souviendroit

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

Je ne sçay s’il te souviendroit Qu’en ta main blanche & grasselette Mesloit de liaison bien faicte Ton doigt mescogneu de mon doigt, En ce las d’amour se perdoit Comme au cep mon ame subjecte, Nous chantions d’une main muette Le feu qui au sein se fondoit ; Si tu es fine assez, devine Ce que sur nos doigts j’imagine Qui sont entrelassez ainsi, Si tu devines nos pensees Qui s’accorderont en ceci Comme nos doigts sont enlassez.