Le Cheval poitrinaire

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

Sa toux qui retentit comme une plainte humaine Secoue obstinément son grand corps accablé ; Mufle bas, jarrets mous, sur sa paille de blé, Il n’a mangé ni bu depuis une semaine. En vain, à petits pas, un enfant le promène Et chasse les taons lourds dont il est harcelé, Sa toux qui retentit comme une plainte humaine Secoue obstinément son grand corps accablé. Il attriste l’étable et la cour du domaine Et le prolongement de l’écho désolé Répercute au plus creux du manoir isolé Plein des vagues effrois que le Minuit ramène, Sa toux qui retentit comme une plainte humaine.