À Jeanne Fort

Francis Jammes

De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir — 1898

Cette nouvelle m’arrive à la Fête-Dieu. Jeanne, c’est l’époque où les blés sont bleus, Jeanne, les petites filles douces à faire pleurer se préparent à chanter en foulant les campanules gorgées d’azur. Avec de l’eau sucrée (on donne le sucre) on sépare leurs cheveux en beaucoup de petites tresses pures… Ô enfant ! Jeanne, sois bénie de Dieu, car la procession va chanter dans mon âme et, le jour où j’apprends ta naissance, les grandes feuilles des lisières des bois reposés se recueillent.