La Ventouse

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

La Ventouse bâille et sourit, Toujours neuve et toujours masquée Pour notre œil fou, sage ou contrit ; Corolle aspireuse, et braquée Sur notre sang qui la fleurit. Elle nous tente et nous flétrit De son haleine âcre et musquée, Puis, bientôt, elle nous tarit, La Ventouse. Jusqu’au fin fond de notre esprit Sa succion est pratiquée : La Mort, beaucoup moins compliquée, Mange nos corps qu’elle pourrit ; Mais c’est tout l’homme qui nourrit La Ventouse !