Si tu pouvais

Francis Jammes

De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir — 1898

Si tu pouvais savoir toute la tristesse qui est au fond de mon cœur, tu la comparerais aux larmes d’une pauvre mère bien malade, à la figure usée, creuse, torturée et pâle, pauvre mère qui sent qu’elle va bientôt mourir et qui déplie pour son enfant le plus petit, déplie, déplie, pour le lui donner un jouet de treize sous, un jouet luisant, un jouet.